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Quelques poèmes

, 22:15pm

  Ce foulard de brume
  
 
Ce foulard de brume
me pèse
comme un sommeil
sur la vallée qui danserait de lassitude
 
Les toits s'accrochent à la lune
et s'en décrochent
sans bouger
 
Ce foulard de brume
me pèse
comme vapeur
sur cet étang
La barque épouse la plénitude
 
La chevelure des herbes fume
et s'enivre
du temps posé
 
là plus loin sur l'âme au repos
s'étourdissent
les parfums du jour
ce jour
qui attendra de naître
 
La brume a tissé sa toile
et revit
de la douceur des eaux.
 
 
Extrait de « Terres de faïence » 


Premier instant

 

Neige première soleil azuré

sous la palette hivernale

d'un coquelicot charnel

je nais

Je quitte les eaux de ma nuit

la sève qui m'a nourrie

Je ne vois qu'un rideau de voiles

Ce cri que je pousse déchire ma poitrine

Sensations intenses intimes

J'entends couler leurs larmes

Je sens leurs mains tremblantes

et leur souffle chaud

en des mouvements d'ailes

qui œuvrent dans mon ciel

Au creux de leur épaule

et de leur solitude muette

j'appréhende le monde en ce premier instant

je cherche la lueur

M'offriront-ils un passage vers demain



Extrait de « Fruits doux à mer »

Edition Société des Ecrivains



 Sucré amer

 

 

Où nous portent donc nos pensées

à la vue du pot de miel figé

là sur la table débarrassée

d'un vol de guêpes enivrées

 

 

Se figent nos sentiments intimes

si friables qu'ils se devinent

cloués aux cimaises vitrines

d'une clarté illégitime

 

 

J'ai refermé le pot de miel

les yeux encore noyés de sommeil

et mon rêve sucré amer pareil

à l'espace que m'ouvre le ciel.




Extrait de « Fruits doux à mer »
Edition Société des Ecrivains


Ma part solitaire

 

Les nuages paraissent traversent la fenêtre

que le ciel a laissé bleutée entrouverte

J'ai quitté les barreaux de ma maison nuitée

Je happe les variances de cette matinée

 

 

Eloignant les tumultes ombrageux du cœur

la lumière m'apaise au rythme de ses heures

la becquée des oiseaux ma part solitaire

les chemins colorés de la vie passagère

 

 

Mains posées en prière j'appelle l'or le sel

Les étoiles amies me proposent leurs ailes

La vie compte les grains du pesant sablier

en m'échappant toujours sans fin recommencée

 

 

Au bruissement des feuilles au délié passage

à souffles saccadés des canards sauvages

sur les joues des enfants teintées de cerise

je rejoins la confiance que la nuit m'avait prise

 


Extrait de « Fruits doux à mer »
Edition Société des Ecrivains



T’effleurer
 

 

Heureux ce souffle qui te traverse

à éveiller tes sens et t’irradier le cœur

 

Ce goût de toi me transperce

encore et toujours intense

 

Blés de blondeur semés

écorces d’agrume respirées

 

en toi tout me berce

Dans mes cheveux fleurissent les averses

 

Si près de toi mes doigts

se métamorphosent

en des papillons tremblants

 

Si près de toi je n’ose

même un effleurement.




Extrait de « Fruits doux à mer »
Edition Société des Ecrivains