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Quelques billets d'humeur

, 23:15pm

Ces billets  d'humeur sont des éditos que j'ai rédigés pour la revue de l'Ouvre-Boîte.

 
  

D’autres émotions

La chaleur et le soleil font encore quelques caprices. Mais enfin, peu à peu ils se fixent sur la toile immense qui nous sert de ciel. Bizarrement, la vie nous pousse alors à jouer les chefs indiens, les découvreurs de mondes, les nouveaux aventuriers de la planète. Bref, nous voilà en vacances !

 

Lâcher prise ! Voilà bien le mot de passe. Oublier pour quelques moments, les maux qui se veulent guerriers dans notre quotidien personnel ou commun et nous épuisent à longueur de temps et de répétition. Emotions négatives et ravageuses.

 

Alors nous en cherchons d’autres, de plus saines. S’imprégner de senteurs et d’icônes d’un chœur chrétien ou byzantin. Sentir sa peau dorée sur quelques grains de sable chaud. Se cacher sans bruit derrière les roseaux, pour observer le héron pourpre. Relire à toujours s’émouvoir les poèmes d’amour de Paul Eluard.

 

Se surprendre à rire aux éclats avec des enfants qu’on ne connaît pas. Vivre simplement d’émotions merveilleuses qui nous submergent encore à vouloir ressentir jusqu’au moindre brin d’herbe ! ¨Poursuivre la lumière, ses rayons et ses ombres sculptant les pierres blanches des somptueuses églises aux coupoles bleues posées comme des chapeaux de lune.

 

Cette lumière-là nous pénètre et nous réchauffe l’âme. Et face au paysage parfait, nous frémissons et saisissons l’invisible, l’indicible. Ce paysage est maintenant à l’intérieur de nous et il nous grave le cœur avec un burin de tendresse. Mais maladroit, il fait frémir notre déchirure profonde, cette corde de sensibilité, compagne éprouvante et toujours présente, tapie dans l’ombre.

 

Notre diapason vibrant de tous ses souffles intérieurs, il va bientôt nous falloir saisir la plume et le papier.




Le poème est printemps !

 

Le printemps revient avec son cortège de fleurs et de mots tendres. Revoilà le printemps oui, avec celui des poètes en ce mois de mars. Partout, on aura lu des poèmes à voix basse ou à voix haute, seul ou devant un public pour le plaisir de soi, des autres, de tous.

Comment lire un poème ? Comment apprendre à lire un poème, le sien, celui d’un autre. Art difficile. Mais savons-nous vraiment ce qu’est un poème ? Comment entrons-nous dans un poème ? Quelle énigme en vérité !

Il n’est pas un énoncé ni une devinette, non plutôt une harmonie de verbe et de musique, un moment ouvert au mystère de la vie, d’où quelquefois son apparente obscurité, cette part énigmatique. Sans doute, le poème est-il un lieu de découverte, de rencontre avec soi-même. Il faut en chercher la lumière par sa propre sensibilité, car c’est elle qui est touchée au cœur de la lecture.

Le poème n’est pas un texte, non. Il est un espace particulier posé sur le temps, ce moment de la lecture. Et il redevient une alchimie à chaque lecture, par l’unicité de celle-ci. Il est ce moment donné, privilégié qui réveille nos sens et notre histoire. Il nous saisit par le cœur et l’irrigue. Il nous tire hors de la banalité et de la systématisation de notre quotidien.

Vivre le poème en le lisant, c’est sûrement ressentir le monde, la vie, en éprouver la variation écrite comme on goûterait un vin rare. Rôder entre l’intellectuel et le sensible. C’est se retrouver soi-même au travers des mots assemblés, chantant avec magie. Le poème aide chacun à avancer dans sa quête personnelle du sens de la vie, par une musicalité charmante et envoûtante. Il nous réveille, il nous éveille. Oui, vraiment, bonne lecture !




Médiatisation
Devant nos yeux, à chaque jour son nouvel épisode de vie, l’actualité s’accélère dans la petite lucarne, les journaux, la radio. Il faut rester attentif, car tout va très vite. Notre vie existe-t-elle encore  en dehors des médias ? Ou bien est-elle celle que l’on partage, qui défile devant nous et qui nous entraîne, bon gré mal gré, en nous donnant des coups de poings à l’âme.

On entend souvent dire : « Aujourd’hui il ya plus de meurtres, plus de vols etc. ». Mais c’est la médiatisation qui nous rapporte tout de tous les coins de cette planète qui se réduit de jour en jour.

Les projecteurs braqués sur la Chine éclairent une actualité insupportable au monde. Mais dans cinq mois, elle tentera de masquer toute cette réalité en pointant les médailles et les exploits olympiques, à quel prix d’ailleurs ? Certes non, il ne fallait pas offrir à la Chine, les Jeux olympiques en imaginant qu’elle se démocratiserait à cette occasion.

En France, nous venons d’assister à la douloureuse agonie de Madame Sébire. La demande du droit à la mort décente et décidée a été appuyée par une médiatisation à outrance. Ce qui a sans doute eu pour conséquence un zèle juridique à connaître à tout prix les circonstances du décès. La médiatisation aidera-t-elle les médecins ? Permettra-t-elle l’adoption d’une loi pour soulager de tels cas, ce que le corps médical pratique peut-être déjà en toute discrétion et humanité ?

Toutes ces questions nous interpellent, nous placent à la fois comme spectateurs et acteurs de ce monde qui vibre jusque dans notre intimité, notre cœur, notre conscience.

 

Un temps de chien

 Il fait un temps de chien. Les passerelles de ma mémoire sont fermées. Je ne me souviens plus de ce que me disait mon grand-père quand il pleuvait. Drôle de temps, ces gouttes qui tombent du ciel, d’où viennent-elles ? Le savons-nous vraiment ? Comment fait le ciel pour s’arrêter de pleurer ? Immense désert gris où rien ne se pose. Comment ferai-je pour aller y voir de plus près ?  

Satanés pavés qui luisent sur mon humeur maussade. Chagrins dans la tête, rien ne va, tout me désespère. Cette vie qui tourne à l’envers... Apprendre la valse du monde, voilà qui me manque, je ne m’y ferai pas. Et tous ces toits rouges, qu’acceptent-ils cette chape de plomb ? Il faudrait conjurer le sort, y croire encore.

Même quand la pluie cesse, le ciel pleure encore des mots, des déchirures, laisse des traces inutiles à la mémoire fragile, à l’âme sensible. Pourquoi pleut-il en cet automne qui s’achève, sur des feuilles laissées pour compte là sur le sol, sur des images poignantes de la vie là-bas qui me laissent désarmée.

Allons ! Un peu de joie ferait du bien, posons la sur ce paysage automnal qui se laisse un peu trop aller. Même si je sais que demain pourtant, il sera blanc de neige.

 


Grand braquet


C’était dans les années soixante. Chaque jour de juillet que le Bon Dieu faisait chaud et ensoleillé dans mes souvenirs d’enfant, on ne sortait pas les après-midis. Non, le nez collé sur le téléviseur noir et blanc, mon grand-père et moi, nous regardions les géants de la route sur le Tour de France. Le plus beau souvenir fut la grimpée du Puy de Dôme avec Anquetil et Poulidor ! « Vas-y Poupou ! » criait mon grand-père, moi aussi d’ailleurs. Mais Poupou n’attaquait pas.  

Les deux géants français grimpaient côte à côte, les rayons dans les rayons, les mains à la cocotte ou en haut du guidon. La musette avalée, les bidons à portée de main, Poulidor et Anquetil grimpaient sans se regarder.

Tant et tant d’autres souvenirs, Delisle, champion de France qui gagne le 14 juillet 1969, l’étape. Eddy Merckx dans tous ses exploits. Les Tours de France manqués de peu et par manque de chance ou coup du sort par Poulidor qui ne porta jamais le maillot jaune. La chute d’Ocana qui lui fit perdre le tour.  

Le Tour c’est grand, unique dans ses drames, ses exploits, ses larmes, ses joies. Les hauts cols des Alpes, des Pyrénées et ses forçats : Coppi, Bartali, Gaul, Anquetil, Merckx, Hinault, Indurain, Armstrong et tant d’autres. Que pourraient nous raconter ces montagnes, qui ont vu les plus beaux miracles, les plus beaux spectacles. Emotion particulière au sport et au direct.

Le Tour en ce mois de juillet est reparti, emportant avec lui tous ses souvenirs, ses couleurs, ses chevauchées, son panache. Oui, malgré quelques écarts de conduite récents, il ne perd décidément rien de son charme !